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  • christophe Garro

La vie d'avant. Chapitre XII :

Trois femmes : Barbara, Jeanne, Mathilde


Barbara :


Je m’appelle Barbara. Cela faisait rire ma tante Sylvia lorsque j’étais enfant et que nous allions la voir à New York. A chaque fois que j’étais avec elle, elle me demandait :

–What’s your name?

‑My name is Barbra.

Et Sylvia partait à rire, car il s’agit là du titre d’un album de Barbra Streisand, son idole absolue. Donc je m’appelle Barbara, (en anglais on prononce Barbra). Moi en revanche, je n’ai jamais aimé la voix nasillarde de cette chanteuse populaire que je trouve terriblement ringarde. Je ne sais pas ce qui a poussé mes parents à me donner ce prénom, je n’en ai jamais été fan. Quoi qu’il en soit, je suis Barbara Flinch Goldenberg. Mes parents vivent en France depuis maintenant… Je ne sais plus combien, mais un tas d’années. Après avoir vécu à Paris, ils nous ont embarqués à New York à l’adolescence, et une fois que je m’y suis sentie chez moi, ils ont décidé de repartir vivre à Paris ! Ah les parents ! Mon frère, Josh est reparti vivre à Paris lui aussi. Il ne s’est jamais senti déraciné. Moi, j’ai mis du temps, mais aujourd’hui ma vie est ici, à New York. Mon frère et moi n’avons pas toujours été opposés, mais depuis ces dix dernières années, il est devenu insupportable. Enfants, j’ai de très bons souvenirs de nous enfants, on riait beaucoup, on faisait des cabanes, on jouait à des tas de jeux. Josh est mon cadet de quatre ans. Il a toujours été pour moi le petit frère que j’aimais guider dans la vie. Lui, vous dira qu’il était mon souffre douleur, c’est faux. J’ai toujours aimé mon petit Joshie, mais je ne sais pas pourquoi, nos vies sont désormais différentes, et à chaque fois qu’on se retrouve, on ne peut s’empêcher de se chamailler.

Je suis mariée, j’ai deux enfants, deux garçons adorables, enfin, ils l’étaient jusqu’à l’adolescence… Maudite adolescence ! Pour une fille c’est déjà pas génial, mais alors pour des garçons c’est l’âge le plus idiot qui soit ! Je travaille depuis cinq ans dans un grand cabinet du sud de Manhattan pour lequel je fais de l’analyse de données. Mon mari Alvin est informaticien, c’est une tête. Nous nous sommes rencontrés nous avions tout juste vingt ans, à une soirée donnée par une collègue du temps où je travaillais dans un autre cabinet, c’était mon premier job, que j’ai quitté quelques années après pour élever mes deux garçons, jusqu’à ce qu’ils aient dix ans passés. Alvin était drôle, il a toujours aimé faire des blagues, et jouer de la guitare. Il m’a charmée ainsi. Un an après notre rencontre on se mariait, ce qui n’a pas été évident entre mon père juif athée et ma mère catholique pratiquante, et, la famille d’Alvin qui est adventiste. On s’est mariés devant un officier d’état civil, sans aucune cérémonie religieuse, ce qui nous a permis d’avoir moins de monde à inviter, puis on a fait une petite cérémonie au Bellagio et on s’est carapatés aux chutes du Niagara, où nous avons fait l’amour sans quasiment nous arrêter pendant quatre jours. Je n’ai pas vu grand chose du site, mais je me souviens bien du constant bruit de l’eau !

Nous vivons dans le Queens, dans une jolie résidence, qui sans être luxueuse, a son charme. Nous avons un bon voisinage et ça s’est important. Depuis un an notre vie s’est trouvée complètement modifiée. Mais en fin de compte, il en est de même pour la plupart des gens. Avec la pandémie et le confinement de tout le pays, nous nous sommes mis à travailler de notre domicile, ce qui au début a généré des prises de bec entre toute la famille. Puis nous avons réussi à gérer les choses. Alvin s’est installé dans la chambre d’amis qu’il a transformée en bureau, moi je me suis installée dans le salon où j’ai fait mon coin bureau. Les garçons passant le plus clair de leur temps dans leur chambres, cela s’est avéré l’installation idéale. Quand je n’ai pas de dossier à traiter, je peux regarder la télé, en ayant un oeil sur mon ordinateur au cas où il y ait un message dans ma boite mail. Ainsi je peux passer des après-midi entiers à regarder ma série préférée, Grey’s Anatomy, dont toutes les saisons se trouvent sur Amazon Prime. Je suis bien ainsi, mon ordi, ma télé, un paquet d’Oréos, mon péché mignon je l’avoue. Il faut d’ailleurs que je mette le holà sur ces plaisirs qui m’ont valu de prendre trois kilos en l’espace de six mois.

A New York, ça a été très dur. Les hôpitaux ont rapidement étés submergés par la première vague de contaminations du virus. Les gens n’ont pas pris conscience de la tragédie qui se jouait devant leur porte. Le gouvernement en revanche a été exemplaire. Ils ont cherché comment contrer ce virus et ont mis des moyens considérables pour protéger les citoyens, c’est la beauté de l’Amérique. Mais l’économie en a pris un coup et le moral de la population aussi. Hélas, on a beau faire ce qu’on peut, cela n’a pas empêché des milliers de personnes de se retrouver à la rue, de n’avoir plus de salaire et de devoir recourir à une aide alimentaire. J’ai fait ce que j’ai pu pour aider. J’ai acheté des victuailles que j’ai données à des associations qui les distribuaient ensuite aux plus nécessiteux. Il faut aider ceux qui sont dans le besoin.

Je n’avais pas particulièrement peur d’attraper le virus, je suis en bonne santé, kock wood, mais je faisais quand même très attention. Et je continue, même si aujourd’hui je suis vaccinée. C’est plus difficile pour les enfants. Allez faire entendre raison à deux adolescents qui n’ont qu’une envie, qui est de se retrouver avec leurs amis. Je n’impose rien, mais je conseille, j’essaie de leur faire comprendre la gravité des choses, et leur père aussi, nous essayons tant que possible de leur faire admettre que dehors, ils doivent porter un masque. La sœur d’Alvin a attrapé le virus. Ca nous a fait très peur, car Judy n’a pas de comorbidité, c’est une femme sportive et saine, et en quelques jours elle s’est retrouvée aux urgences avec une détresse respiratoire. Heureusement pour elle, ça n’a duré que trois jours. Après ce court séjour en hôpital, elle a pu retourner chez elle. Mais c’était il y a six moi, et elle n’a toujours pas retrouvé le goût complètement. Demain je vais retourner à mon bureau, ça fait huit mois que je n’y suis pas allée, ça me stresse un peu. D’un autre côté je suis contente de retrouver certains de mes collègues. On a beau dire, travailler par visioconférence ça a du bon, mais c’est autre chose que de travailler directement ensemble. Ce qui me stresse le plus c’est de devoir reprendre les transports, et de penser que je vais devoir porter mon masque toute la journée. Mais bon, je ne vais reprendre en présentiel que trois jours par semaine, ce qui veut dire que les deux autres jours je serai chez moi. Les garçons seront au lycée, Alvin sera lui aussi partiellement à son bureau, ce qui me laissera du temps avec Meredith Grey !




Jeanne :


Je suis Jeanne. Jeanne Lambert. J’ai vingt huit ans. Depuis maintenant un an j’ai commencé à écrire un journal, chose que je n’avais pas fait depuis mon adolescence. J’ai ai ressenti le besoin avec le début de la pandémie. J’avais besoin de mettre par écrit mes peurs, afin de les exorciser. Parler de ma vie m’a fait du bien. Pas seulement de ce que je vivais et ressentais, mais de faire le point sur mes années de vie, sur les belles choses qui en font partie. Comme ma vie de couple. Je suis mariée à Lionel, un garçon dont je suis tombée amoureuse au premier regard. C’était lors d’un festival de rock. On s’est retrouvée à danser à côté l’un de l’autre, devant la scène où se produisait un groupe mineur dans l’attente de ce qui allait être le clou de ces deux journées, l’arrivée de Lenny Kravitz. J’ai toujours eu un faible pour Lenny. Il faut dire qu’en plus de son exceptionnel talent musical, outre le fait que c’est une bête de scène, My God, qu’il est sexy ! Mais ce jour-là je n’ai eu d’yeux que pour Lionel, qui est resté près de moi, m’a offert une bière et m’a protégée pour sortir de la fosse quand le concert s’est terminé. Une fois loin de la foule on a fumé un joint, et il m’a embrassée. C’était il y a six ans. Depuis, on ne s’est jamais quittés, je n’ai jamais eu envie d’un autre homme. Et je crois pouvoir dire que lui non plus n’a jamais eu envie d’une autre fille. L’amour, quand il est simple, est parfait. On a eu la chance de se rencontrer. Si l’un de nous n’était pas allé à ce concert, nous serions peut-être passés à côté de notre vie. Ca donne à réfléchir. C’est troublant, la destinée. Moi j’y crois.

Lionel a des parents adorables, qui m’ont tout de suite permis de me sentir dans ma famille auprès d’eux. J’ai perdu mon père il y a dix ans, et je suis proche de ma mère. Heureusement, que je l’aie. Elle m‘a beaucoup aidée cette dernière année. Car je me suis retrouvée rapidement au chômage. Travaillant pour un festival de musique qui a été annulé par deux fois, les premiers mois j’ai pu continuer à travailler mais lorsqu’il a été évident que le festival n’aurait pas lieu en 2020, on m’a mise en chômage partiel, puis total. A la rentrée dernière on a tous eu l’espoir que la situation évolue positivement pour 2021, mais il y a eu une deuxième vague de contaminations en France, et un nouveau confinement en octobre. On a vite compris qu’il serait difficile d’organiser notre festival au mois de juin suivant. Ce qui fut confirmé avec une situation de plus en plus difficile en début d’année et un troisième confinement de fin mars à mi-mai. J’ai perdu pas mal de mon salaire, heureusement que je ne suis pas seule, mais pour Lionel aussi, les fermetures à répétition de son salon de tatouage ont été catastrophiques pour nos finances. Maman nous a aidés, comme elle a pu, grâce à un peu d’argent qu’elle avait de côté. Nous ne faisons pas de folies, et comptons chaque dépense. Nous sommes locataires de notre appartement dont le loyer avoisine les deux mille euros, ce que nous pouvions payer sans trop de problème tant que la machine fonctionnait, mais qui aujourd’hui s’avère être un gouffre ! J’ai une amie qui m’a parlé d’un couple dont elle est proche et qui a dû aller s’approvisionner aux Restos du Cœur. C’est terrible. Cette amie a perdu son père qui était diabétique. Il est décédé du virus lors de la première vague. Elle n’a même pas pu le voir dans ses derniers instants à l’hôpital. J’ai eu très peur, et j’ai encore peur de choper ce satané virus. Heureusement je suis jeune ce qui me donne moins de risque.

Lionel sort souvent, il voit ses potes. Je sais que dans l’absolu il fait attention, mais il est souvent chez l’un ou l’autre à prendre un café, une bière, et chaque fois qu’il revient à la maison je flippe un peu. Au début j’avais une appréhension à l’embrasser lorsqu’il revenait d’une sortie, et puis je me suis raisonnée, je ne peux pas avoir peur de tout comme ça. Je prends des cachets depuis un an pour me déstresser, j’ai tendance à paniquer. J’évite de trop regarder les infos à la télé, ni de trop lire d’articles sur le net concernant la pandémie. Mais on baigne tous dedans.

Bientôt comme l’an dernier, les bars et restaurants vont rouvrir, et ça, ça me fait peur. Les gens attendent ça avec un tel empressement, ils vont se ruer sur les terrasses, s’agglutiner, et risquer de se contaminer. J’ai hâte de pouvoir me faire vacciner, mais pour l’heure je suis trop jeune, je n’y ai pas encore droit. Alors, je tiens le coup, et j’essaie de ne pas trop stresser.




Mathilde :


J’ai de la chance. Je le sais. Oui. La chance d’être une jeune retraitée. La chance de vivre avec Aaron depuis près de quarante ans. La chance que mes parents nous aient légué leur maison en Provence, où nous nous sommes installés il y a deux ans, lorsque nous avons décidé de prendre notre retraite. Loin des grandes villes où nous avons vécu toute notre vie. A la campagne, entourés de champs et de bois, ce fut plus facile de supporter l’isolement des confinements successifs et la peur de la pandémie qui s’est abattue sur le monde. J’avais peur pour nos enfants plus que pour nous. Nous avons vécu notre vie. Même si j’espère que nous allons vivre encore longtemps car j’estime que nous avons encore beaucoup de choses à faire ici bas. Mais pour Josh et pour Barbara qui est si loin de nous, je stressais, nous stressions Aaron et moi.

Ici, nous avons eu la chance de pouvoir nous promener dans nos bois, de marcher tous les jours, d’aller au village qui n’est qu’à cinq kilomètres de notre maison pour y acheter nos légumes, notre viande. Nous allons acheter nos œufs dans une ferme voisine, et quelques fois nous y achetons un bon poulet fermier. Dans une autre ferme nous achetons des pommes, des cerises, et des abricots quand c’est la saison. Alors ce n’était pas trop difficile de vivre ainsi. Tant de personnes à travers le monde n’ont pas eu cette chance. Je songe à ceux qui vivent à plusieurs dans des appartements exigus. Ceux qui vivent dans des HLM, aux étudiants dans leur chambre de quelques mètres carrés. Nous avons été chanceux. Bien entendu, ce sont les amis qui nous ont manqués. Ne plus faire de dîner, ne plus recevoir, voilà ce qui fut difficile pour moi qui adore cuisiner et inviter du monde à ma table. Certains soirs j’avais du mal à m’endormir, alors je descendais dans le salon et je me mettais sur le canapé, un plaid sur mes jambes regroupées, et je lisais, pour éviter de penser à ce que nous martelaient les informations, le nombre de morts en France et dans le monde, les entrées dans les hôpitaux, les convois funéraires.

Nous avions parfois la famille de Aaron en viso, notamment sa soeur Sylvia que j’aime beaucoup. Quelle chance d’avoir les outils de communication actuels nous permettant de nous rapprocher de ceux qu’on aime ! Josh nous appelait une fois par semaine, et nous prenions généralement un verre ensemble en papotant par écrans interposés. Il n’était pas si mal dans son petit appartement parisien, mais j’aurais aimé qu’il puisse nous rejoindre en Provence. Nous nous sentions bien seuls néanmoins. Seuls mais en quelque sorte protégés, car nous ne voyions presque personne. Même mon frère qui n’habite pourtant qu’à quarante kilomètre d’ici ne venait plus, de peur de se faire contaminer, le pauvre il est tellement hypocondriaque ! Nous appelions Barbara deux à trois fois dans le mois, elle était beaucoup occupée avec ses deux garçons et son travail, alors c’était moi qui l’appelait, avec toujours la crainte de la déranger. Pas évident avec le décalage horaire et ses occupations. Mais nous arrivions à discuter un peu, à se donner des nouvelles d’un bord à l’autre de l’atlantique. Aaron n’a jamais été trop à l’aise avec son mari, je fais des efforts car je sais qu’elle l’aime, mais je dois avouer que bien des fois, je préfère parler à ma fille seule, sans que sa famille soit autour d’elle. Je me souviens d’elle enfant, quand elle allait à l’école avec son cartable et son pain au chocolat. Puis adolescente, sa première boum, son premier flirt. Je crois qu’elle nous en a toujours voulu d’avoir déménagé de Paris à New York. On l’a déracinée au moment où elle avait besoin de ses amis. L’adolescence est une période difficile. Puis elle a rencontré Alvin, elle avait vingt cinq ans, et elle nous a annoncé qu’elle allait se marier. Le mariage a eu lieu à New York. Je portais une robe violette, que j’avais achetée chez Diane Von Furstenberg. Oh que je l’aimais cette robe !

C’est cependant pour Josh que je m’inquiète le plus. Aaron me dit que je ne devrais pas, c’est un homme accompli, il mène bien sa barque, mais je regrette un peu qu’il ne soit pas marié. Que voulez-vous, il en est ainsi. Les jeunes aujourd’hui ont plus de difficulté à s’engager sur du long terme. J’espère juste qu’il est heureux. Et je crois que oui, il a la vie qui lui convient. Donc inutile de m’inquiéter. Et puis, il n’a que trente quatre ans, ce qui est jeune pour un homme aujourd’hui, il a encore le temps de rencontrer celle qui lui conviendra. Moi je me suis mariée à vingt trois ans, mais bon, c’était une autre époque. Est-ce qu’aujourd’hui on se marierait aussi vite ? Je me le demande. Je suppose que oui, car lorsque j’ai rencontré Aaron, il y avait une évidence. Nous nous aimions, et on n’avait pas le sentiment d’être trop jeunes ou d’avoir d’autres choses à expérimenter. Si on s’aimait, alors on se mariait. Telle était notre génération. Et j’en suis heureuse. Cela fait quarante ans, et rien n’a changé entre nous. Nos sentiments sont les mêmes, non, ils sont différents, on murit, un peu comme un bon vin, je crois qu’on est d’une bonne cuvée !

J’ai rencontré Aaron chez des amis. Il était à Paris pour un mois de vacances, je venais de terminer mes études, et venais de décrocher mon premier emploi. C’était le mois de juillet, il faisait très beau. Mes amis avaient un appartement près du Panthéon. J’étais sur leur balcon, je me souviens des branches de marronniers qui venaient toucher la façade, je portais une robe ample à motifs floraux. Ce bel américain brun ténébreux est sorti du salon, il a enjambé le bord de la fenêtre pour sortir me rejoindre, deux verres de vin à la main et m’en a tendu un, en me disant d’un ton charmeur et de son adorable accent qu’il me trouvait très jolie. C’est amusant de se remémorer cet instant. Il devait rester à Paris pour un mois, et finalement il est resté jusqu’en septembre. Il est revenu à Noël, et m’a rejoint en Provence chez mes parents, et là, très solennel, il a demandé ma main à mon père. Il est venu trois mois après s’installer à Paris, et nous nous sommes mariés en juillet, à l’Isle-sur-Sorgues.

©christophe Garro.



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