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  • christophe Garro

La vie d'avant. Chapitre II :

Dernière mise à jour : avr. 5

Il y a un an


C’était le début des années vingt, j’aimais dire ça car je repensais aux années folles et je m’imaginais en une sorte de Nick Carraway, participant aux somptueuses fêtes de Jay Gatsby. Le champagne allait couler à flot et des filles danseraient jusqu’à l’ivresse sur des musiques endiablées. Un Charleston électro déferlerait, festif et compulsif, colliers de perles et robes à franges, garçonnes et garçons, strobroscope et fumée.

Donc le 22 février dernier, il y a tout juste un an au jour où j’écris ces lignes, je suis sorti rejoindre des potes dans un bar où on se retrouve souvent et où je connais pas mal de monde. C’était un apéro de fin de journée, avant d’aller dîner chez un couple d’amis qui ont une petite fille de deux ans. Je n’étais pas passé chez moi, et avais directement rejoint Lionel et Vincent à notre QG rue Rambuteau. Le temps était relativement doux pour un mois de février. J’avais garé mon scooter en face du bar, et j’étais au téléphone avec Lilia, quand Lionel est arrivé. Lionel est tatoueur, c’est lui qui m’a fait les deux tatouages que j’ai sur l’avant bras et un autre sur le haut de la cuisse droite. C’est un mec drôle avec qui j’ai fait beaucoup de soirées. Il est marié à Jeanne, une fille très jolie, plus jeune que notre groupe, et qui a beaucoup de patience avec nous. Jeanne travaille à l’organisation d’un festival de musique, qui hélas l’an dernier n’a pas pu se tenir, et qui cette année encore a de forts risques d’être annulé. Elle boit très peu, ne se drogue pas, mais aime passer des nuits à danser, ce qui m’a toujours surpris, car elle tient bon la route, et souvent plus tard encore que ceux qui prennent des produits pour tenir jusqu’aux afters des dimanches matins. Comment peut-on s’amuser comme elle sans être le moins du monde, comment dire ? Sans l’aide d’aucune substance. Elle est naturellement joyeuse et désinhibée.

Lionel s’approche de moi, me claque la bise, sort son paquet de clopes et me fait signe de la tête me demandant à qui je parle. Je tourne mon smartphone pour lui montrer le nom affiché et il me regarde avec une grimace d’incompréhension en voyant le nom de Lilia.

Lilia et moi sommes sortis ensemble pendant quelques mois l’an dernier, et ça n’a pas été facile. C’est une fille intelligente, un peu trop intellectuelle pour mes amis avec qui l’entente ne s’est jamais faite. Lionel et l’ensemble de mes potes étaient bien satisfaits le jour où je leur ai annoncé que Lilia m’avait largué, ce qui m’avait attristé, mais ne m’avait pas marqué outre mesure car je n’étais pas amoureux d’elle. J’avais juste été un peu déstabilisé de me faire larguer du jour au lendemain, sans explication vraiment valable. C’était une histoire qui avait eu son charme le temps d’être vécue, et il fallait aller de l’avant.

Je raccroche. Lionel la clope au bec me demande :

–Lilia ? Pourquoi elle t’appelle ?

–C’est moi qui lui avais laissé un message.

–T’es ouf ? Qu’est-ce que tu lui voulais ?

–Rien, je voulais avoir de ses nouvelles.

–T’es pas net comme mec toi. Bon on s’en jette une ?

On entre dans le bar et on commande deux pintes au serveur.

Le Balto est notre point de retrouvailles, ce bar reste ouvert tard, sert des encas à toute heure et il s’y mélange une clientèle d’habitués du quartier, quelques vieux poivrots d’un autre temps, mais beaucoup de gens de nos âges, filles et garçons, gays et hétéros, dans une ambiance conviviale que l’on doit autant au patron Fayçal, qu’aux serveurs qui sont tous cool et amicaux. C’est un lieu mixte entre les Halles et le Marais, ni trop branché ni trop touristique. Il y a des DJ les mercredis, et les vendredis, les pintes sont à quatre euros de dix sept à vingt et une heures. La petite terrasse déploie quelques tables mais la plupart du temps on reste debout le long du trottoir à boire et à fumer, à croiser des visages connus, et passer de groupe en groupe pour discuter. Je trinque avec Lionel.

–Alors ta journée ?

–Rien de bien reluisant, boulot chiant. J’ai passé la journée à compulser des catalogues de dessins dans nos archives, avec un collègue enrhumé qui n’arrêtait pas de renifler.

(Je n’ai pas encore précisé que le temps que je passe à essayer de gagner ma vie tout au long de la semaine, avant de le dépenser en soirées et sorties en tout genre, est consacré à la conception d’expositions pour un grand musée national. Ce n’est pas moi qui décide des artistes ou des thématiques présentées, mais j’ai souvent mon mot à dire sur la scénographie et les techniques à utiliser pour présenter les oeuvres. C’est un travail plaisant, par moments harassant lorsqu’on approche de l’ouverture d’une expo, et plus tranquille sur d’autres laps de temps, me permettant de voyager pour voir ce que proposent les autres musées, ce qui est plutôt cool). Et toi ?

–J’ai passé trois heures à tatouer le dos d’un mec cet aprem, tu sais celui qui voulait un hibou.

–Oh oui, sympa mais relou. Il t’avait apporté un modèle ou c’est toi qui l’as dessiné ?

–Son modèle était trop moche, je lui ai fait une proposition qui lui a plu, mais ça a pris quinze jours avant qu’il se décide. Il faudra deux autres séances pour le finaliser. Tu lui voulais quoi à Lilia ? T’as pas l’intention de la revoir ?

–J’avais un contact à lui demander.

Lionel fait une moue dubitative.


Sur ce, arrive Vincent. Il nous claque la bise et jette son sac à dos sur la chaise d’une table qui vient de se libérer et à laquelle on s’installe tous les trois.

–J’en peux plus, j’arrive de Bagnolet, j’ai bossé depuis ce matin sur le montage d’un spectacle avec une bande d’allumés, c’était crevant. J’ai besoin d’une bière.

Il fait un signe au serveur et s’allume une clope roulée. Vincent est éclairagiste. Il a trente six ans, il est gay, assez bogosse, ce qui lui vaut de nombreuses conquêtes. Il doit coucher avec un mec différent tous les deux soirs, c’est un chaud lapin. Il porte un jean déchiré aux genoux et sur une des cuisses, des grosses sneakers blanches et un perfecto sur un t-shirt vert d’eau. Il a un style simple mais efficace, et un sourire ravageur. Il n’est pas très grand, assez fin et a un gros tatouage sur le cou, que Lionel lui a fait bien entendu. Nous nous connaissons depuis maintenant cinq ans tous les trois, et avec Mickael et Martina nous formons un groupe détonnant.

On trinque. Le ciel est rose au-dessus de nous, la nuit ne va pas tarder à tomber, les lampadaires s’allument, la température est douce, on dirait presque une soirée d’avril.

–Ca y est, nous dit Lionel, j’ai pris mon billet pour Rio, je pars le 25 mars, pour trois semaines !

–C’est super ça, répond Vincent, oh comme j’aimerais pouvoir me casser au soleil !

–Moi je pars à Rome dans deux semaines. Je n’y resterai que cinq jours, mais c’est trop bien, j’ai loué un Airbnb près de la Piazza Navona, je vais retourner au musée du Vatican, j’espère pouvoir visiter le Colisée cette fois-ci, et j’ai une liste de bars énorme !

–Tu es déjà allé à Rome ? Me demande Vincent.

–Oui il y a six ans.

–Ah je me souviens d’un mec là bas…

–Oui ça ! Un mec dans chaque port ? Lilia m’a donné les coordonnées d’une de ses connaissances là-bas, une fille qui travaille dans les arts. Je l’ai appelée, très sympa, elle m’a proposé de me retrouver pour prendre un verre le soir de mon arrivée. Elle va essayer de m’obtenir un rendez-vous avec un mec qui bosse à la Villa Médicis, c’est pour ça que j’ai appelé Lilia tout à l’heure.

–Tu as appelé Lilia ? S’étonne Vincent.

–Et oui, répond Lionel. Enfin, tant que tu nous la ramène pas ici !

–Tu l’aimais vraiment pas.

–Et non. Elle m’a toujours glacé cette meuf. On n’était jamais à l’aise pour parler de ce qu’on voulait quand elle était là. Fallait toujours faire attention à ce qu’on disait. Et oui alors si elle voyait passer un joint !...

–Ok, changeons de sujet.

C’est vrai que Lilia ne s’est jamais intégrée à notre groupe, mais je crois que celui-ci lui faisait peur. Pas facile de trouver sa place quand ton mec a des amis aussi présents. C’était pourtant une fille charmante. Bref, c’est du passé.

–Vous faites quoi ce soir ? Lance Vincent.

–J’ai un dîner tout à l’heure.

–Où ça ?

–Chez Camille et Matthieu.

–Ok, la petite famille invite. Moi j’ai envie de sortir. Tu restes avec moi Lionel ? Qu’est que fait Jeanne ?

–Elle a du boulot ce soir, on peut trainer ensemble, boire quelques coups et aller bouffer une pizza, si tu veux.

–Cool. Après je sors, je suis chaud, j’ai envie de baiser.

Nos bières bues, Vincent se lève, va au comptoir, et revient avec une autre tournée de pintes.

–Hey les mecs, je vais pas trop boire, parce que j’ai un dîner après.

–Oh rabat-joie, vas-y, trinque. A nos vacances !

–Merci Lionel, rétorque Vincent, mais moi, contrairement à vous deux j’ai pas de vacances prévues ! Ah les boules, j’aimerais tellement pouvoir partir un peu !


Je finis ma bière, les gars en commandent une troisième, mais je décline, et décide de partir car il est déjà presque dix neuf heures trente et que Camille m’a bien dit de ne pas arriver trop tard pour voir la petite Emma avant qu’elle se couche. Je laisse les gars à leur troisième pinte, (combien en boiront-ils ?), et je reprend mon scooter direction la rive gauche.

Il fait maintenant nuit depuis plus d’une heure, je prends la rue de Rivoli, longe les arcades, arrive place de la Concorde, traverse la Seine, longe les quais jusqu’au boulevard de La Tour Maubourg.

Camille et Matthieu viennent de s’installer dans leur nouvel appartement de cent vingt mètres carrés, avec terrasse. La chance d’avoir des familles fortunées, et des boulots qui payent bien contrairement à moi et la plupart de mes potes. L’immeuble est classique, pierre de taille, porte vitrée avec grille en fer forgé, interphone à caméra. Le hall est vaste, l’ascenseur moderne amène directement dans leur appartement avec le code 1628.

Les parents de Matthieu l’ont aidé à ouvrir son premier restaurant il y a six mois, un concept food fusion très branché, dans le 1erarrondissement, ou je ne suis allé qu’à l’ouverture, n’ayant pas encore trouvé le temps d’y retourner avec des amis. Camille est chef de publicité pour une grande marque de cosmétiques… le luxe à la française. Je les ai rencontrés tous les deux il y a près de dix ans, lors de vacances en Grèce. On s’était retrouvés sur un bateau qui baladait les touristes d’île en île, et on avait rapidement sympathisé autour d’un joint sur une plage, décidant de louer nous-même un bateau le lendemain pour dénicher des lieux vierges de touristes et pouvoir faire du nudisme. On s’est revus sur Paris après ces vacances et Matthieu m’a fait rencontrer son meilleur pote qui est devenu mon boss. On se voit moins maintenant qu’ils ont un enfant, encore moins depuis que Matthieu a ouvert son restaurant, mais pendant quelques années on a pas mal fait la fête ensemble.


Camille m’ouvre la porte, elle est pieds nus, et porte une robe d’été, orange, comme si elle allait prendre un cocktail au bar d’une plage. Des cheveux noirs de geai sont coupés en un carré long, elle sourit de ses dents bien blanches et se jette à mon cou.

–Hello mon chéri ! Comment ça va ?

–Bien et toi ? Je ne suis pas trop en retard ?

–Non Emma vient de finir son repas, on va pouvoir jouer avec elle avant que je la couche.

–Matthieu n’est pas arrivé ?

–Oui, il prend une douche rapide. Excuse-moi, j’ai de la crème sur les doigts, j’essaie de cuisiner en faisant manger le monstre, c’est pas évident. Matthieu m’a proposé de ramener quelque chose du restau, mais j’ai préféré cuisiner moi-même, ça le changera.


J’entre dans le salon qui fait la taille de mon appartement, c’est simple et chaleureux, pas pompeux du tout, au contraire, on a envie d’y vivre direct. Les deux canapés beige semblent confortables, avec des coussins à motifs colorés, une télé est incrustée dans un mur, table basse design, un mur est peint en turquoise, et une lampe en osier est posée devant, éclairant une affiche californienne. Un grand comptoir fait un lien entre le salon et la cuisine ouverte, des bouteilles suspendues à l’envers aux étagères comme dans un bar, éclairage doux, bonne odeur de curry, des jouets trainent un peu partout sans que ce soit le bazar. Emma est assise sur sa chaise et sourit, une cuillère à la main.

–Hello ma puce, comment ça va ? Elle se marre. Je m’approche pour l’embrasser, elle a le visage recouvert d’une purée jaunâtre, je ne sais dire si c’est de la soupe ou de la compote.

–Tu as fini ? Lui demande sa mère. Et elle lui essuie le visage avant de l’aider à descendre de sa chaise. La petite fille haute comme deux pommes et demie se rue dans le séjour et enfourche un cheval à bascule. Sers-toi à boire me propose Camille. Tu veux une bière ? Du vin ? J’ai une bouteille de champagne.

–Une bière ça ira, gardons le vin pour plus tard.

–J’ai envie de champagne. Tu veux bien ouvrir la bouteille pendant que j’émince mes panais ?

Elle sort a bouteille de Perrier Jouet du frigo et me la tend, je m’exécute. Elle prend deux coupes.

–Tu m’accompagnes ?

–Bien sûr.

–T’es venu direct de ton bureau ?

–Non, je suis passé au Balto prendre une bière avec deux potes. Et toi tu as repris le boulot ?

–Je reprends la semaine prochaine, j’ai à la fois hâte et en même temps ça e fait peur.

–Vous avez trouvé une nounou ?

–Garde partagée. Ca va être folklo quand ce sera notre tour ! Matthieu va prendre ses mercredis pour garder les trois gamins. Ca promet.


Sur ce, Matthieu arrive, surfeur californien sur fond turquoise, il est torse nu, en short. Il vient m’embrasser.

–Je sors de la douche, excuse-moi. J’enfile un tee-shirt et je reviens. Champagne ? Je comptais vous faire un cocktail.

–Va pour le cocktail après le champagne. Alor comment ça se passe au restau ? J’ai lu un super article sur je ne sais plus quel magazine, c’était élogieux.

–Ca se passe bien, oui, c’était dans GQ non ?

–Oui c’est ça. Je sais pas comment je me débrouille, mal obviously, j’ai pas encore réussi à venir dîner un soir. La fois où je pouvais, j’étais avec des amis, et c’était complet, je m’y suis pris trop tard.

–Tu aurais dû m’appeler, j’aurais peut-être pu me débrouiller pour toi.

–J’ai pas voulu te déranger, tu dois avoir tellement de boulot.

–C’est vrai que c’est du délire, on est pleins tous les soirs, c’est pas évident à gérer, mais bon, je vais pas me plaindre, loin de là.

–Je viendrai après mon voyage à Rome.

–Tu vas à Rome ? Oh la chance ! Quand ?

–Je pars dans quelques jours. A mon retour, promis, je viens dîner.


Emma vient me montrer ses peluches, un âne et une mouette qui a l’air d’avoir la gueule de bois. Je joue avec elle cinq minutes, puis son père vient la chercher. Il ne lui faudra que cinq minutes pour accompagner la petite fille dans la chambre, l’enfant ne dort pas encore, mais elle reste calme dans son lit à barreaux, avec son doudou, babillant, et nous laissant à notre soirée entre adultes. Matthieu a envie de son cocktail, alors il sort des verres en forme de bambous et fait son mix dans un shaker, découpe des fruits et les mélange avec du rhum et je ne sais quoi. Je vais être bourré. Il fait chaud dans leur appartement, alors on sort siroter sur la terrasse en fumant un joint, vue sur la tour Eiffel qui scintille, il est vingt et une heures. Puis nous retournons dans le salon et commençons à manger. Le repas est très bon, un curry de poulet avec légumes, une salade avec des agrumes, une Pavlova faite par Matthieu, aux fruits de la passion, lune des spécialités de son restaurant. On parle de nos boulots, de nos prochains projets de vacances, de Rome où je vais aller dans dix jours et où ils sont allés il y a deux ans, juste avant l’accouchement, ils me demandent si je vois quelqu’un en ce moment, je leur répond que non, pas spécialement, et puis un sujet entre dans notre conversation, on en a entendu parler aux infos à la télé et sur le net, un virus chinois à cause duquel une ville de plusieurs millions d’habitants a été mise en quarantaine.

–Scénario catastrophe digne d’un film, lance Matthieu.

–Ca ne peut arriver qu’en Asie !

–Les infos ne parlent que de ça depuis deux semaines, dit Camille. Et le virus semble commencer à s’exporter dans d’autres régions du monde, notamment en Italie.

–je ne pense pas qu’il faille s’inquiéter outre mesure, ils disent que c’est une sorte de grippe, j’en ai eu une il y a deux ans, ça m’a cloué au lit quelques jours, c’est tout.

–Mais là, apparemment, beaucoup de malades en meurent, rétorque Camille.

–T’es sûr que tu vas partir en Italie ? Me demande Matthieu.

–C’est pas risqué ?

–Mais non, c’est en Lombardie qu’ils ont décelé des cas, pas à Rome.

Cependant, au fond de moi, je commence un peu à flipper. Et si c’était vraiment grave ?


Je suis légèrement chancelant lorsque je reprends mon scooter à une heure du matin, avec tout l’alcool que j’ai bu. Camille et Matthieu me font un au revoir de la main depuis leur balcon, le retour dans la nuit glaciale me permet de rester éveillé. Une fois chez moi, je m’écroule sur mon lit, en ayant eu juste le temps de me déshabiller. Je m’endors comme un loir en maudissant devoir me lever tôt au matin. Je ne me doutais pas que bientôt je ne pourrai plus aller au bureau, confiné que je serai.

©christophe Garro








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